Un diagnostic archéologique au 3-5 rue Victor Hugo

Non loin du Palais du Parlement de Bretagne, l’immeuble situé au 3-5 rue Victor Hugo est une adresse qui regorge d’histoire(s). Parce qu’il compte parmi les édifices les plus anciens de Rennes, et qu’il a eu plusieurs fonctions au fil du temps. Aujourd’hui entre les mains des archéologues de l’Inrap, le bâtiment bénéficie d’un diagnostic historique, avant qu’un vaste plan de travaux de réhabilitation ne soit engagé. On vous explique.

Le 3-5 rue Victor Hugo à l’épreuve du temps

Pour bien comprendre où nous mettons les pieds, il nous faut d’abord faire un peu d’histoire.  À sa construction, ce bâtiment s’inscrivait dans le périmètre du couvent des Cordeliers — lieu qui servira également de loge pour les parlementaires bretons avant la construction du parlement de Bretagne en 1618. Plus tard, l’adresse change complètement de visage. D’abord en étant sécularisé à la Révolution française, puis en partie remanié avec la création de la rue Victor Hugo en 1829. Le bâtiment devient à usage d’habitation et est découpé au fil du temps.

Aujourd’hui, le 3-5 rue Victor Hugo prend la forme d’une véritable mosaïque d’éléments de différentes époques. Et pour cause ! Ses fonctions multiples ont amené ses occupants à faire évoluer l’édifice, ce qui a généré des désordres structurels.

C’est d’ailleurs une des raisons pour laquelle notre mission a été créée : accompagner les copropriétaires du centre ancien de Rennes dans la réhabilitation de leur immeuble, dans un souci de conservation du patrimoine local, tout en garantissant la sécurité des habitants.

Le couvent des Cordeliers entre hier et aujourd’hui

En 2011, un premier diagnostic historique est mené aux 1A et 1B rue Victor Hugo, en vue d’y réaliser l’extension de la Maison des avocats. C’est alors que les vestiges d’un cloître d’époque moderne sont retrouvés. Au même moment, l’adresse du 3-5 Victor Hugo est identifiée comme bâtiment à forte valeur historique. Du fait d’un état de dégradation important et de nombreuses pathologies affectant le bâtiment, un arrêté de déclaration d’utilité publique (DUP) de travaux est donc prononcé en 2014, suivie d’un arrêté de péril en 2019.

Aujourd’hui, Territoires Rennes est devenu propriétaire d’une grande partie des lieux, dans le but d’engager la réhabilitation du bâtiment. Une nécessité absolue pour préserver cet ouvrage remarquable, encore méconnu des Rennaises et des Rennais.

Le 3-5 rue Victor Hugo possède une grande diversité d’éléments architecturaux. Ses murs, ses grandes baies, ou encore certaines parties de la charpente témoignent d’une histoire qui remonte au XIVe siècle. C’est aussi pour préserver ces éléments remarquables que nous intervenons, en prévision de travaux de réhabilitation pour assurer leur sauvegarde.

Fabrice Mathoulin, Responsable d’opérations à Rennes Centre ancien

Diagnostic historique : de quoi parle-t-on ?

Actuellement, le bâtiment est en cours de diagnostic historique, mené par les archéologues de l’Inrap. Une démarche dans le périmètre du centre ancien de Rennes qui fait suite à des échanges entre la Direction régionale des Affaires culturelles (DRAC) Bretagne et Territoires Rennes, en charge de la mission Rennes Centre ancien.

L’idée ? Analyser les vestiges et traces de construction — et ainsi comprendre l’évolution du bâtiment aux travers des siècles —, avant le lancement des travaux de rénovation. Dans un premier temps, les archéologues analysent les archives, les plans anciens et autres documents disponibles, puis observent directement le bâti et réalisent des sondages. L’objectif est d’identifier les différentes étapes de construction afin de mieux comprendre l’évolution historique du site.


L’Institut national de recherches archéologiques préventives (Inrap) a pour mission d’étudier les vestiges de l’Histoire, avant que des projets de construction ou de réhabilitation ne voient le jour. À travers ses diagnostics et ses fouilles, son rôle est de nourrir scientifiquement la mémoire collective.


Et pour demain ?

Un rapport sera transmis à la DRAC dans les prochains mois, permettant de déterminer si des recherches complémentaires sont nécessaires.

S’en suivront différentes phases du chantier à déterminer à ce stade, entre reprises des planchers, des réseaux, de la couverture, des revêtements intérieurs, etc.

Des travaux qui auront notamment pour intérêt de renforcer la secourabilité de l’ouvrage. Car certains appartements ne sont pas accessibles par les pompiers en cas d’incendie. La solution ? Reconfigurer les appartements, pour qu’ils soient tous dotés de fenêtres donnant sur une cour extérieure. Dans les grandes lignes, ces travaux ont pour objectif de réhabiliter les lieux, pour en faire des logements habitables à horizon 2031.

Les visages de l’Opération Rennes Centre ancien

Voilà plus de 14 ans que notre équipe s’affaire au quotidien pour réhabiliter les bâtisses anciennes de Rennes. Au total, dix femmes et hommes sillonnent les rues du centre historique pour accompagner les propriétaires privés de ces immeubles patrimoniaux.  En 2011, après avoir fait le constat de l’état de dégradation inquiétant des bâtiments anciens, la […]

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